Dans cette deuxième saison d'ingénieur en herbe, identité en chantier, nous retrouvons
Léo qui est désormais en M1, cursus agronome.
Nous le rencontrons alors qu'il termine son semestre d'études hors les murs.
L'objectif de ce semestre est de permettre à Léo de mûrir son projet professionnel
tout en s'ouvrant à l'international.
Il s'agit de réaliser une ou plusieurs missions dans une structure d'accueil en milieu professionnel
de s'adapter dans le cadre d'un stage à l'étranger et de mettre en oeuvre des compétences
relationnelles et sociales.
Au vu de ces compétences, que signifie ce semestre d'études hors les murs pour Léo,
comment s'est-il adapté à ce nouvel environnement, qu'a-t-il appris sur lui et en quoi cette
expérience va-t-elle contribuer à la construction de son projet professionnel et personnel ?
C'est à ces questions et bien d'autres que nous tenterons de répondre aujourd'hui.
Nous vous laissons vous immerger dans son propos.
J'ai une première petite question Léo, si vous pouviez qualifier votre semestre en
trois mots, ce serait lesquels ?
Ecologie, microplastique et soleil quand même, puisque c'est assez agréable d'être
en Méditerranée, en Sicile.
Donc en quoi consiste ce semestre d'études pour vous ?
C'est un stage en laboratoire de recherche, un laboratoire public italien et c'est de
l'écologie marine.
Ça vise à étudier l'impact des microplastiques sur les organismes marins et essayer de quantifier
et de trouver des corrélations entre leur localisation, leur nombre, leur nature polymérique
dans le golfe de Paty qui est donc en Sicile.
J'ai fait deux missions distinctes.
Celle sur laquelle va porter mon rapport, c'est avant tout l'analyse d'échantillons
d'eau de mer prélevés à différentes distances des côtes siciliennes et à différentes
profondeurs.
Donc j'ai analysé ces échantillons d'eau de mer et j'ai extrait chaque microplastique
que je trouvais au microscope, ce qui était un travail minutieux et long, mais intéressant.
Ensuite, une fois que j'ai trouvé ces microplastiques, on parle par exemple pour un pot de confiture,
le dernier que j'ai fait, j'ai trouvé 300 plastiqueux, donc c'est vraiment énorme.
Ça prend plus d'une semaine à chaque fois, c'est long.
Dans ces 300 que je trouve, j'en isole 20% que je prends en photo, que je mesure et je
les identifie ensuite par spectrophotométrie et à transformer de fourrier, ce qui permet
de savoir si c'est du polyéthylène, polypropylène, du polystyrène, ce genre de choses.
Ça permet de savoir dans chaque zone où ont eu lieu les prélèvements, quel type de
plastique on a, quelles soient leurs couleurs, leurs formes, leur nature.
L'autre mission, c'était toujours de la recherche des microplastiques, mais cette
fois dans des organismes de céphalopodes qui ont été trouvés toujours dans la même
région.
C'est dans ce même gros projet, ces deux branches distinctes.
Et là, ça consistait à une autre équipe, disséquer les organismes, les céphalopodes,
les sèches ou les poules, isoler les organes, les organes digestifs principalement, qu'on
séparait en estomac, cropes, qui sont des organes particuliers de ces organismes-là.
On en avait cinq à chaque fois.
On digérait chimiquement, on mettait du KOH, en gros de l'eau de Javel, si on peut
vulgariser comme ça.
On laissait à l'étufe pendant toute la nuit, donc on se retrouvait sans aucun tissu
biologique, avec seulement les plastiques qui restaient, et on filtrait ensuite le digestat
obtenu, ce qui permettait d'avoir sur un filtre tous les microplastiques dans les organes.
Et là encore, on les identifie pareil, spectrophotométrie, on a leur nature, et ça permet de savoir
quels types de microplastiques sont dans les organismes marins.
Parce qu'entre ceux qu'on trouve à la surface de l'eau et ceux qu'il y a dans
les organismes, ce n'est pas toujours la même chose.
Par exemple, on a remarqué que les poulpes, ils avaient tendance à se créer des habitats
avec le plastique qu'ils trouvaient autour d'eux, donc à ingérer plutôt certains
types de plastiques, contrairement à d'autres espèces qui, par exemple, vont avoir une
prédominance de certains types de plastiques dans leurs organes.
C'est quoi l'objectif du semestre d'études ?
Pour moi, c'est de mettre un pied quand même dans le monde du travail, en l'occurrence
dans le monde de la recherche.
Et puis c'est aussi tester un petit peu les choses qui nous plaisent ou pas en lien
avec nos spécialités.
C'est-à-dire que moi, j'ai beaucoup hésité, en fait, au final, à prendre la spécialisation
CHA, donc sciences cellulaires, ou biologie moléculaire cellulaire.
J'ai eu une hésitation à un moment, donc je me suis dit, je vais faire un stage qui
lie un petit peu les deux, puisque j'ai quand même tout un aspect sciences cellulaires
et tout un aspect biologie moléculaire et cellulaire.
J'ai encore une mission que je vais commencer en janvier, plus en lien avec la biologie
moléculaire.
Et finalement, voilà, ça m'a permis de toucher un petit peu, sur une longue période,
à un projet de recherche et à essayer de m'insérer dedans.
Finalement, j'ai pris ma décision qui est de partir en biologie moléculaire cellulaire
en SPARN.
J'ai été content d'ouvrir mon spectre et de tester d'autres choses ici.
Qu'est-ce que vous attendiez ? Vous aviez des attentes ?
Oui, moi, j'attendais en fait beaucoup de découvrir certains aspects.
Mon sujet de recherche, donc les microplastiques, c'est quand même un sujet très important.
On a beaucoup entendu parler, il y a eu la conférence des Nations Unies à Nice sur
ce sujet.
Moi, je n'y connaissais pas grand-chose.
Et donc, c'est exactement pour ça que j'ai choisi ce sujet.
C'était vraiment mon choix un.
Je voulais en apprendre vraiment beaucoup plus là-dessus, donc premièrement.
Ensuite, je voulais voir comment ça fonctionnait dans un labo de recherche, parce que c'est
vrai qu'en biologie moléculaire cellulaire, donc ce PBMC, beaucoup se destinent à faire
ça.
Moi, ce n'est pas quelque chose qui m'attirait particulièrement.
Je confirme que ce n'est pas quelque chose que je ferais, mais je ne regrette pas de
l'avoir essayé.
Et c'est une bonne expérience.
J'attendais aussi d'apprendre l'italien, puisque c'est quand même...
Je suis parti en Italie pour ça, parce qu'on fait de l'italien depuis un an à Rennes.
Je voulais essayer de le pratiquer, de progresser là-dedans.
Donc, c'est le cas aussi.
Je suis très content.
Vous aviez plusieurs attentes, et dans la réalité, qu'est-ce qui s'est passé ?
Quand on est stagiaire, effectivement, dans une langue qu'on ne connaît pas, avec des
gens qui parlent mal l'anglais, ce n'est pas toujours facile.
Donc, il y a eu des petits quacks, des petites complications, notamment avec ma maître de
stage qui...
Elle a été souvent absente, alors ce n'est pas du tout sa faute.
Elle avait un congrès au Japon, donc elle est partie trois semaines au Japon.
Elle est repartie une semaine dans un autre laboratoire en Italie, donc j'étais un peu
tout seul.
Donc, il y avait certaines tâches que je ne pouvais pas faire tout seul, ce qui était
assez frustrant, puisqu'il y a eu des jours où je n'avais rien à faire, en attendant
qu'elle revienne du Japon.
Des jours où, au contraire, j'ai fini très tard parce qu'elle était là, donc on devait
travailler.
Ce n'était pas facile pour ça.
Ensuite, certaines missions qu'on avait prévues que je fasse n'ont pas eu lieu.
Ça a été compliqué.
Et ensuite, j'ai commencé à rédiger mon rapport de stage, et il me faut des résultats,
les résultats que j'ai faits, en fait.
J'ai pris un refus de sa part, donc je n'ai pas le droit d'exploiter les résultats que
j'ai utilisés, ce qui est embêtant.
Voilà, on a eu de vives discussions à ce sujet de plusieurs heures avec ma maître
de stage pour essayer de régler ce conflit.
J'ai même fait intervenir mon tuteur de stage à Rennes parce que je ne peux pas faire
de rapport sans résultat.
Le fait est que dans la convention de stage rédigée par Rennes, il y a écrit que c'est
à la maître de stage de décider si elle nous donne les résultats.
Or, dans les consignes du rapport, il y a demandé d'en avoir, mais bon, ça a été
compliqué là-dessus.
On n'a pas trouvé d'accord.
Donc, on va voir comment je vais pouvoir présenter mon rapport.
Je suis un peu déçu de ce manque de confiance de la part de ma maître de stage.
Maintenant, je comprends, effectivement, à sa place, c'est des données importantes
qui ne sont pas encore publiquées.
Je peux comprendre que ça pose un problème.
Maintenant, il ne s'agit pas d'avoir un jeu de données de 20 000 échantillons.
Juste une dizaine peut suffire à appliquer des tests statistiques intéressants.
Quelles sont les compétences attendues de ce semestre d'études ?
L'autonomie, principalement.
En fait, on est peu guidé.
Les consignes du rapport à rendre, au final, puis surtout la découverte.
Découvrir des missions, découvrir des nouveaux endroits, des façons de fonctionner qui sont
différentes dans d'autres pays.
C'est aussi pour ça que c'est à l'étranger.
Gagner en expérience aussi.
Quel est pour vous, pour l'instant, le moment le plus important, le plus intéressant dans
ce semestre ?
C'est dur.
C'est dur à dire.
Effectivement, avec ma maître de stage, au moment où on analysait les plastiques,
elle me disait ce que tu as pris là, ce n'est pas un plastique, j'en suis sûr.
Et on l'a analysé, c'était bien du plastique.
Donc, elle m'a dit, chapeau, moi, je ne l'aurais pas vu comme ça.
Et donc là-dessus, je me sens quand même heureux d'avoir pu réussir à ne pas passer
à côté de ces plastiques-là.
Surtout qu'elle, en l'occurrence, de ce qu'elle dit serait passé à côté.
Et donc voilà, je vois quand même l'évolution entre le premier jour où c'était impossible
d'arriver à identifier les plastiques dans les échantillons.
Voilà, maintenant que j'arrive à dire ça, ça en est, ça n'en est pas.
Ce jour-là, j'étais assez content.
Quand même, il y a eu toute une partie où j'ai dû vraiment apprendre à respecter les
protocoles, à la lettre, à être rigoureux encore plus que ce qu'on est d'habitude.
Parce que ce n'est pas comme un TP qui dure deux heures où la finalité n'est pas un peu
importante.
Mais disons que ce n'est pas grave si on se trompe là, il faut être précis, rigoureux
tout le temps, en boucle, tous les jours, répéter les mêmes tâches, avec la même
rigueur.
Et c'est quelque chose que j'ai bien développé et que je n'avais peut-être pas en arrivant.
Donc, c'est un aspect particulier qui me marque.
Mais il n'y a pas un événement particulièrement marquant, à part ce que j'ai évoqué précédemment.
Est-ce qu'il y a eu un autre moment difficile durant ce stage ?
Oui, effectivement, parfois la solitude.
Alors, je ne suis pas tout seul.
J'étais avec une amie qui est avec moi en Italie, qui est dans le même laboratoire.
Mais disons qu'elle a beaucoup plus de travail tout le temps puisqu'elle est dans une grosse
équipe.
Moi, je suis tout seul avec mon maître de stage.
Il y avait une stagiaire, une autre française, qui était là le premier mois avec moi, qui
a permis de m'apprendre beaucoup de choses.
Mais en fait, après, on est tout seul.
Et notamment, comme un maître de stage est au Japon pendant trois semaines et que moi,
je suis tout seul ici, ce n'est pas facile.
Parfois, on n'a rien à faire, ce n'est pas toujours gratifiant, on ne se sent pas toujours
à sa place.
Donc, ça, c'est un autre moment un peu difficile.
En quoi c'est important ce que vous avez appris là ?
C'est important parce qu'on attend quand même de nous, tant qu'ingénieurs ou chercheurs,
de la rigueur.
On va compter sur nous pour des projets.
On va avoir un impact concret sur le monde du vivant.
Et puis, à m'insérer dans le monde de l'entreprise quand même, puisque ça reste, même si c'est
public, un labo de recherche, ce n'est pas tout à fait une entreprise.
À s'insérer dans un projet qui n'est pas de notre initiative et dans lequel on a un
point important, c'est-à-dire notamment, je leur dis, mais quand on fait une connerie,
le dire.
Et ce n'est pas une honte, mais même si, bon, ce n'est pas agréable de dire, purée,
là, ça fait 100 photos que je prends où je n'ai pas mis la bonne taille sur le microscope.
Il faut tout refaire, mais on le refait.
On prend du retard, mais ce n'est pas grave, on le refait, au moins on a des résultats
qui sont fiables à la fin.
Et c'est ça aussi, l'intégrité scientifique, c'est important.
C'est quelque chose qu'on a moins eu l'occasion de travailler dans notre formation, en prépa
où tout va très vite, ou à l'agro, puisque les projets de recherche qu'on mène sont
à petite échelle, avec peu de données, peu de relevés.
Là, on est dans un truc énorme, il y a des dizaines de milliers de relevés pour faire
un article scientifique.
On ne peut pas se permettre de laisser passer une petite bêtise, c'est plus un jeu.
Ce que j'ai gagné aussi, c'est des compétences linguistiques en italien et en anglais, un
petit peu quand même dans la rédaction de rapports scientifiques, et je dirais aussi
quand même de la gestion de conflits parfois, savoir temporiser dans une autre langue, c'est
pas facile.
Ces choses-là annexent.
Après, il y a des compétences scientifiques, pratiques, techniques, donc faire des filtrations,
faire des digestions chimiques, mettre à l'étude, utiliser les logiciels plus complexes
que ceux qu'on a à l'agro, au niveau des microscopes, puisque ce ne sont pas les mêmes
technologies dont l'identification de polymères, plastique, ce genre de choses.
Après, c'est des compétences très techniques, propres au stage, mais j'ai aussi gagné
en compétences qui seront utiles dans le monde professionnel.
Justement, entre le moment où vous êtes parti de l'école et aujourd'hui, en quoi
les choses ont-elles changé et en quoi pensez-vous avoir changé ?
Déjà, on est beaucoup moins pris par la main, donc on est un peu tout seul, c'est-à-dire
que, ok, c'est un stage avec l'école, mais on se retrouve en fait tout seul.
Ça, ça joue quand même beaucoup et la question est très dure.
Ça va me changer dans le sens où forcément, on gagne en autonomie, il y a une certaine
routine qui s'installe et qu'il y a quelque chose que moi, je n'aime pas.
Moi, j'ai besoin de faire des choses différentes tous les jours.
Rester tous les jours à faire la même chose derrière un bureau, une tâche répétitive,
je ne supporterais pas.
Ce n'est pas pour autant que l'aspect procédural des protocoles, ça, ça ne me déplaît pas,
mais c'est faire les mêmes tâches en boucle, venir tous les jours au même endroit, ce
n'est pas forcément quelque chose qui m'attire.
Il y a cette monotonie parfois qui s'installe, on part le matin, on revient le soir, tous
les jours.
C'est un peu la vie d'adulte finalement, auquel on ne goûte jamais vraiment avant.
Ce n'est pas déplaisant sur certains aspects, mais enfin quand même, heureusement que ça
ne dure que six mois.
Ça aide dans la tête à se dire je vais rentrer, je vais retourner en cours.
Alors sûrement qu'une fois que je serai revenu en cours au prochain podcast, je dirais que
ça me manque, parce qu'on n'est jamais vraiment satisfait de la situation dans laquelle on
est.
Mais quand même, cette routine, elle n'est pas toujours facile et un peu lassante.
Qu'est-ce que ça apporte de partir six mois hors les murs ?
Déjà, beaucoup d'indépendance.
C'est une bonne expérience.
Aussi, une expérience au-delà de l'aspect universitaire, expérience de vie.
Encore une fois, rencontrer des gens qui sont un peu différents.
Beaucoup de gens qui venaient faire un Erasmus.
Donc, on a un Allemand, une autre Française qui était là, mais on a des gens d'autres
pays.
C'est assez intriguant le monde de la recherche, puisque nous, on s'attendait à aller en Italie,
donc avec que des Italiens.
Il y a des Italiens, mais en fait, il n'y a que des jeunes qui sont en stage ou en thèse
qui sont là.
Qu'est-ce que ça apporte ? Je dirais vraiment de la richesse.
Moi, je n'ai pas beaucoup eu l'occasion de voyager dans ma vie.
Beaucoup voyagent en France, mais l'étranger peu.
Donc là, vraiment, c'est un mode de vie un peu différent, pas les mêmes horaires.
Par exemple, les étudiants qui quittent normalement l'école à 13 heures, c'est quelque chose
qu'on n'a pas l'habitude.
Donc, ça change un peu.
Il y a plein de petites choses comme ça et qui font changer complètement le cadre de
vie, l'environnement.
Et ça, ça apporte de la richesse, la richesse des rencontres aussi, de rencontrer des gens
qui font le même métier que d'autres qu'on a en France, des chercheurs, enseignants-chercheurs
ou autre.
Mais ça ne s'organise pas pareil, il y a des petites choses qui changent.
Ensuite, la richesse culturelle aussi, puisque l'Italie, ce n'est pas le dernier pays en
termes de culture.
Ça, c'était assez cool.
On est allé visiter plusieurs endroits en six.
On est allé à l'Etna, on a fait de la géologie en prépa, c'était intéressant d'aller
voir l'Etna.
Rien que pour ça, on gagne beaucoup en richesse, en maturité aussi.
On a dû gérer des situations parfois un petit peu compliquées, notamment que ce soit avec
ma maître de stage.
On a évité tout conflit quand même.
Ça, j'en suis assez content.
Il n'y a zéro problème, nos rapports sont restés toujours très cordiaux, il n'y a
eu zéro souci à ce moment-là.
Comment projetez-vous votre retour à l'école, notamment sur le plan personnel, professionnel
et en tant qu'étudiant ?
Il y a plein de choses à dire à ce niveau-là.
Premièrement, à Rennes, mon retour, j'ai choisi la SPBMC, qui est quand même l'idée
qui m'a fait choisir Rennes, donc c'était cette spécialisation-là, c'était d'intégrer
cette SP.
À l'époque, c'était de devenir policier scientifique, j'avais choisi cette école
spécialement pour ça.
Donc, je suis très content de pouvoir intégrer cette SP et ça va être très motivant et
stimulant.
J'ai un peu peur que ce soit parfois un peu trop prenant, on va avoir beaucoup de choses
à faire, mais enfin, ça va être très intéressant et je pense que je vais m'épanouir à côté
de ça.
Finalement, j'ai un peu changé d'idée de projet professionnel pour plus tard et je
suis revenu à ma première idée et ma passion depuis que je suis tout petit, c'est les
avions.
J'ai toujours voulu être pilote d'avion et en allant en stage ici, j'ai eu la chance
de pouvoir voyager dans le cockpit de l'avion parce qu'à chaque fois, je demande à discuter
un petit peu avec les pilotes et tout ça et là, ils m'ont invité dans le cockpit.
Donc, j'ai pu échanger longuement avec les pilotes et en fait, il m'a engueulé.
Il m'a dit en fait, tu me dis que effectivement, c'est ton rêve depuis tout petit et j'ai
fait plein de choses.
J'ai fait mon premier brevet d'aéronautique, j'avais des maquettes, des avions radiocommandés,
plein de choses.
Je fais du simulateur depuis tout petit.
Il m'a dit, tu oses me dire que tu fais tout ça et qu'en fait, tu t'interdis d'en faire
ton métier.
Pourquoi ça ? Parce que j'avais un problème aux yeux qui faisait que je ne pouvais pas
faire ça.
Une myopie qui était trop importante, mais finalement, les règles ont changé.
Aujourd'hui, les opérations de myopie ne sont plus un motif d'invalidité des visites
médicales.
Donc, il m'a dit en fait, tu as fait prépa, tu as toutes les qualifications requises pour
intégrer les cadets d'Air France, qui sont la formation gratuite dispensée par Air France
où la sélection est rude.
Mais en fait, il faut juste avoir fait une prépa pour pouvoir postuler.
Et il me dit en fait, même le motif économique que je disais, moi, je ne peux pas faire,
c'est trop cher la formation.
C'est 100 000 euros, 300 000 euros parfois même, je ne peux pas la payer.
Il me disait, mais en fait, là, ce n'est même pas une excuse parce que c'est gratuit.
Donc, en fait, passe la sélection en septembre prochain, fais-le, puis tu verras, tu n'as
rien à y perdre.
Donc, je me prépare à la sélection depuis un mois et demi maintenant.
Donc, c'est des tests psychotechniques simplement et donc ça, j'en fais tous les jours depuis
un mois pour le faire.
Et c'est un projet qui est en fait, bizarrement, pas du tout incompatible avec ce que je fais
actuellement.
Premièrement, tout le côté scientifique procédural des protocoles, on le retrouve
tout à fait dans ces métiers.
Et ensuite, voilà, moi, il y a tout un aspect environnemental qui m'est très cher, très
important.
Et à mon retour à Rennes, je vais commencer les cours de pilotage pour être pilote privé,
pilote de base.
Et effectivement, moi, j'espère pouvoir voler sur les premiers avions électriques qui sont
à Rennes.
C'est un des seuls aéroclubs qui en a et tout.
Donc, c'est des choses qui sont importantes pour moi.
Et Air France, c'est la compagnie, ils investissent un milliard d'euros par an dans la réduction
de leur empreinte carbone, dans l'achat de nouveaux avions qui polluent 25% en moins.
Ils ferment certaines lignes, ils ont arrêté les vols intérieurs et tout.
C'est des choses...
Une compagnie qui, l'écologie est à la même hauteur que la sécurité des vols sur certains
aspects.
Donc, c'est quelque chose, au moins, qui me tient à cœur.
Et après, voilà.
Donc, c'est ce nouveau projet-là que je porte.
Voilà, je vous ai tout dit.
Et je pense que c'est une qualité d'un pilote aussi, tout comme d'un scientifique, d'anticiper,
d'avoir plusieurs plans B, plans C.
Et c'est tout à fait ce que je fais là.
Et en tout cas, tout me plaît dans ce que je fais, donc je ne le regrette pas du tout.
Et je ne vais pas avoir le sentiment de m'embêter à mon retour à l'agro.
C'est le plus important.
En quoi ces deux projets sont-ils complémentaires ?
Normalement, ça serait parfait, puisqu'on passe les sélections en septembre de l'année
prochaine.
Donc, je serai en M2 à ce moment-là.
Les sélections s'étalent de septembre à janvier.
Il y a trois épreuves.
Toujours des tests psychotechniques, dont la dernière phase, c'est des phases de groupe,
puisqu'on travaille à l'agro, ce qui est parfait.
On peut faire des entretiens individuels et en groupe, des énigmes à rétoudre.
Donc, c'est tout à fait ce qu'on fait.
Et en plus de ça, c'est une mise en formation qui aurait lieu en août, septembre de l'année d'après.
Donc, en fait, c'est parfait.
Je serai diplômé ingénieur et je partirai le faire.
Si je suis pris, si je ne suis pas pris, je retourne l'année d'après.
Donc, finalement, c'est parfait.
Ça se copie parfaitement.
Il y avait pour projet de faire un an de césure à Sciences Po-Rennes, en partenariat avec
qui ne serait pas impossible si jamais je ne suis pas pris à la première tentative,
ce qui est probable aussi.
J'aurai l'occasion de finir mon projet que j'avais avant, avant de m'engager là-dedans.
Donc, c'est bien, ça se copie parfaitement.
Néo nous montre qu'un stage à l'étranger engage autant personnellement que professionnellement.
Les défis rencontrés, qu'ils soient techniques, organisationnels ou relationnels,
ont été des opportunités d'apprentissage et d'expérimentation.
En effet, ce semestre d'études a révélé des pistes professionnelles
qu'il n'avait pas envisagées jusque-là.
En quoi cette expérience va-t-elle façonner son parcours en revenant à l'Institut Agro-Rennes-Angers ?
Et vous qui nous écoutez, en quoi ce propos fait-il écho avec vos propres parcours,
qu'ils soient professionnels ou personnels ?
En attendant, rendez-vous dans notre prochain épisode
où les parcours se façonnent et les esprits s'affluent.