Sophie, L2 Horticulture et Paysage
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Sophie, L2 Horticulture et Paysage

Episode description

Dans cette deuxième saison, nous retrouvons Sophie, étudiante l’Institut Agro Rennes-Angers. Elle est en 2ème année de cursus horticulture et paysage. Nous l’avions quitté à la fin de l’année scolaire alors qu’elle allait réaliser son premier stage d’ouvrière agricole, une plongée dans le monde du travail.

Dans ce cadre, Sophie nous livre ses premières impressions, ses découvertes, ses difficultés et ses rencontres.

Enfin, Comment ce stage a-t-il fait évolué ses réflexions personnelles et professionnelles ?

Je vous laisse vous immerger dans son propos

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Dans cette deuxième saison d'Ingénieur en Herbe, Identité en Chantier, nous retrouvons

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Sophie, étudiante à l'Institut Agro Rennes-Langers.

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Elle est en deuxième année de cursus Horticulture et Paysage.

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Nous l'avions quittée à la fin de l'année scolaire, alors qu'elle allait réaliser

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son premier stage d'ouvrière agricole, une plongée dans le monde du travail.

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Dans ce cadre, Sophie nous livre ses premières impressions, ses découvertes, ses difficultés

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et ses rencontres.

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Enfin, comment ce stage a-t-il fait évoluer ses réflexions personnelles et professionnelles.

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Je vous laisse vous immerger dans son propos.

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On revient sur un événement que vous avez vécu cette année, cet été.

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Donc vous êtes partie en stage agricole, premier stage, première expérience professionnelle.

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Donc là, on va chercher à revenir ensemble sur cette expérience-là.

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J'ai fait un stage de un mois, stage ouvrier dans une pépinière dans la région lyonnaise,

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à Calire.

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Le but de ce stage, c'était vraiment de découvrir un peu les fonctionnements de l'entreprise,

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de voir ce que ça fait d'être ouvrier dans une entreprise, que ce soit en paysage

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ou en horticulture.

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Donc moi, j'étais vraiment dans le milieu horticole, dans une pépinière dans le domaine

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de la production.

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Qu'est-ce que vous avez découvert ?

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J'ai découvert comment gérer une pépinière, leurs moyens de production, que ce soit avec

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des semis ou juste des achats, comment entretenir les plantes, comment ils organisaient tout

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ça, tout ce qui est irrigation, tout ce qui est fertilisation.

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Qu'est-ce que ça veut dire, production horticole ? Qu'est-ce qui se passe intérieure ?

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Alors, ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que vous en avez compris, vous ?

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Moi, dans la pépinière que j'étais, ce que j'en ai compris, c'est que c'était

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beaucoup de commerce, c'était beaucoup d'achats, de reventes, c'était un peu production.

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Et après, c'était énormément, énormément de planification.

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Ce qui m'amène de ça, c'est qu'il m'a montré son programme, et en fait, il était déjà

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en train de prévoir pour l'année prochaine, chaque semaine, cadré, de genre, ces plantes,

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il faut les tailler, ça, c'est semis, c'est sept semaines, etc.

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Donc, c'est vraiment une très, très grande planification, donc beaucoup, beaucoup d'organisation.

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Et beaucoup de rotation de plantes, je trouvais.

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C'est-à-dire, beaucoup de plantes qu'on prenait, qu'on cultivait, et puis après,

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quand la période qui était passée, elle a été jetée, il y a d'autres plantes

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qui les ont remplacées.

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Ça tournait assez rapidement.

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Les plantes qu'on avait, par exemple, ne duraient pas genre six mois dans la pépinière.

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Qu'est-ce que vous vous êtes dit en voyant ce fonctionnement-là ?

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Je trouvais que c'était quand même pas mal de gaspillage de plantes, parce que moi,

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je suis arrivée au moment où, de toute façon, la pépinière, elle était à coller à un

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magasin où on pouvait vendre directement les plantes qu'on produisait dans le magasin.

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On arrive vers le mois d'août, donc c'est là où il y a un gros creux de visiteurs.

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Et donc, il y avait cette volonté, comme chaque année, j'imagine, de vider un peu

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les serres de production, pour préparer aussi à l'arrivée de chrysanthèmes qui

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seront produits pour la Toussaint.

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Et donc, on a vidé beaucoup de plantes, mais on a jeté beaucoup de plantes qui n'étaient

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pas forcément ni abîmées, ni malades, etc.

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C'est juste qu'il fallait faire de la place.

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Et donc, j'ai trouvé que c'était quand même pas mal de gaspillage de ce côté-là.

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Et puis, c'était quand même, pour moi, un système légèrement daté, parce que c'était

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quand même basé sur une irrigation de puisages de neuf phréatiques.

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Je n'ai pas trop considéré que le système d'organisation de cette entreprise était

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une organisation qui pouvait durer dans le temps, au vu de tous les enjeux climatiques

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qu'on a actuellement.

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Avant de partir, quelles étaient vos attentes ?

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Je n'en avais pas énormément.

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Je me suis dit que ça allait peut-être être un travail un peu physique quand même.

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J'avais conscience que ça pouvait être des tâches très répétitives, qu'on allait

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passer des jours à rempoter ou à déplacer des pots, etc.

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Je m'étais préparée à l'idée que ça pouvait être assez répétitif.

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Et dans les faits ?

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Ça a été assez répétitif.

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Enfin, c'est légèrement plus physique que je pensais, parce qu'on a subi une période

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de canicule.

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Et c'est vrai que travailler sous canicule, c'est particulièrement éprouvant.

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Qu'est-ce qu'on se dit quand on travaille dans ce type de conditions ?

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Que c'est dur, et que surtout, on a eu des horaires adaptés.

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On commençait plus tôt, on finissait plus tôt.

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Moi, je n'y ai fait que un mois, mais il y a des saisonniers qui sont là jusqu'à

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fin août.

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C'est vraiment très compliqué.

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En vrai, si ça continue à se réchauffer, il y a des genres de métiers qui risquent

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d'être problématiques à réaliser au mois d'été.

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Ça posait des questions sur le futur de ce type d'entreprise, de la manière dont

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c'est fonctionné.

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Parce qu'actuellement, là, on peut se permettre d'arroser trois fois par jour et

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de s'y aller faire survivre à des périodes caniculaires.

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Mais ça se pose des questions sur est-ce qu'on pourra se permettre indéfiniment de

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maintenir ses plantes pour le mois de juillet, alors que tout est sec ?

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J'en ai parlé avec mon maître de stage, justement, qui était assez réaliste sur

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le fait qu'il considérait que c'était un type d'organisation qui ne pouvait pas

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durer.

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Dans le cas de ce stage, quel a été le moment le plus intéressant ?

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J'ai quand même pu faire tout un travail de diagnostic de culture.

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Le stage nous avait mis deux stagiaires devant chacun, devant une parcelle de culture.

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On devait analyser ces problèmes et trouver des solutions.

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J'ai trouvé cet exercice très intéressant parce que ça a forcé à regarder le végétal

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d'une autre manière et aussi à faire « j'ai un problème, quelle est ma solution

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? » en fonction des moyens qu'on avait, etc.

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Je trouvais que toute la partie analyse et globalement, il nous a aussi montré comment

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toute irrigation fonctionnait, comment le système de fertilisation fonctionnait.

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Tous ces aspects techniques d'analyse, de développement des plantes, j'ai quand même

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trouvé très intéressant.

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Vous évoquez l'importance de l'aspect technique, de ce que vous en avez appris.

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Est-ce qu'à un moment donné, au cours de ce stage, vous avez pu articuler connaissances

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et situations de stage ?

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Un peu, parce qu'avec tout ce qui est reconnaissance des végétaux, je voyais à peu près de

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quelles plantes on parlait quand on me disait qu'il fallait que j'aille voir telles plantes,

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etc. parce que je les avais apprises.

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Après, pas tant parce que c'est vrai que j'ai fait des trucs très techniques, que

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ce soit vraiment du rempotage, fertiliser des plantes, etc.

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Et ce ne sont pas des choses qu'on voit en cours parce que nous, on ne voit vraiment

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que la théorie.

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Qu'est-ce qui a été le plus difficile, hormis la canicule, ou le plus compliqué

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pour vous ?

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Ça reste un travail assez répétitif quand même.

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C'était souvent les mêmes tâches, etc.

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C'est vrai que des fois, on avait fait des tâches où, par exemple, je passais toute

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la matinée à tailler des plantes pour que trois jours plus tard, on décide qu'au

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final, ça ne sert à rien de la garder, on la jette.

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Tu ne te sens pas très valorisé dans le travail que tu as produit.

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C'était juste un peu décevant.

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Sophie, qu'avez-vous appris de vous dans le cadre de ce stage ?

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Que ça va, je résiste assez bien la chaleur et que je n'aimerais pas être dans la production

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de plantes.

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En tout cas, dans ce type de production de plantes.

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Qu'est-ce que vous avez mis en œuvre ? Quelles aptitudes vous avez développées ?

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J'ai appris des gestes techniques, que ce soit taillage, empeottage.

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J'ai géré tout ce qui est reconnaissance d'insectes et de ravageurs aussi.

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Après, j'ai réalisé que les tâches assez répétitives, quand je devais tailler des

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plantes pendant plusieurs heures, je pouvais tenir assez bien.

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Est-ce que vous avez identifié des compétences que vous auriez développées ?

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Tout ce qui est travail en équipe, justement.

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Déjà, respecter des horaires, respecter des tâches assignées, savoir à peu près

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comment les utiliser, savoir communiquer quand il y a un problème qui ne va pas, etc.

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Savoir demander de l'aide aussi, parce que tu ne sais absolument pas où sont les choses,

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etc.

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Tu es toujours en galère de trouver le matériel ou les bons végétaux.

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Suite à cette première expérience professionnelle, qui est une courte expérience, qu'est-ce

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que vous vous êtes dit en rentrant à l'école ?

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Que c'est bien qu'on fasse ça, quand même.

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Déjà, ça permet de confirmer si tu aimes ou pas ce domaine, etc.

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Ça permet vraiment de voir l'intérieur d'une entreprise, par exemple.

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C'est bien d'avoir ce penchant pratique où, vraiment, on acquiert des gestes purement

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techniques.

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Oui, c'est vraiment complémentaire avec le cursus de l'école.

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Je trouve ça quand même très bien.

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Comment est-ce que vous vous projetez, suite à cette première expérience ?

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Moi, actuellement, ce que j'aimerais faire plus tard, c'est de la recherche.

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Je me projette dans l'idée que j'aimerais bien voir si c'est vraiment ça qui m'intéresse

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et donc d'orienter mes stages plus dans ce domaine de recherche et développement pour

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voir si c'est vraiment ça qui m'intéresse et ce que j'ai envie de faire plus tard.

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Le prochain stage a lieu quand ?

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C'est au mois de février.

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Ça dure tout le mois de février.

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J'ai trouvé un stage à l'INRAE de Guadeloupe.

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Je vais aider un dispositif expérimental où ils testent des pratiques de la culture

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biologique, que ce soit des différents types de paillages, d'associations de culture, etc.

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J'ai fait partie d'un dispositif de recherche.

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Je me dis que ça peut être déjà pas mal pour voir si ça m'intéresse.

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Au-delà de vous intéresser, qu'est-ce que vous allez vérifier ?

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J'ai aussi envie de voir ce que c'est réellement d'être un dispositif de recherche,

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parce que j'ai jamais eu de réel contact avec le monde de la recherche.

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Peut-être qu'au final, l'idée que je m'en fais est complètement fausse.

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Donc, oui, de voir ce que c'est.

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Peut-être des contacts.

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C'est quoi la prochaine échéance pour vous ? La prochaine étape ?

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Mon stage.

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Cette année, il y a l'Expo Flow.

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On va végétaliser tout le campus pendant trois jours, fin mars.

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Et donc, ça, c'est la prochaine grosse étape de l'année,

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parce que c'est vrai que ça prend un peu de temps.

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Quel est votre rôle dans l'Expo Flow ?

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Moi, je suis au snack.

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Donc, j'ai préparé la nourriture.

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Et à DJI, c'est une zone qui s'occupe de décorer tous les couloirs de l'école.

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Je suis dans une sous-zone, donc je décore un hall.

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Et on est une équipe de quatre.

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Et on doit faire des structures et tout, et tout décorer cette zone-là.

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Cette zone qui nous a été attribuée.

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Quand nous nous reverrons ? A priori, au moins avec le stage.

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L'Expo Flow, ça ne sera pas encore passé ?

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Non, mais ce ne sera pas très longtemps avant.

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Donc, ça veut dire qu'on pourra se raconter des choses autour de ça ?

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Oui, parce que là, pour l'instant, en fait, on a fait nos premières commissions.

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Il fallait juste qu'on présente nos grandes idées.

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C'était au mois de novembre.

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Mais là, les commissions, on est censé tout savoir, tous les détails,

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le nombre de vis, de ce qu'on veut.

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Enfin, vraiment tout précisément.

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C'est fin janvier.

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Parce qu'après, nous, on part en stage.

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Et le reste de l'équipe commence à monter les structures.

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Et après, au mois de mars, on commence déjà à construire les grandes structures, etc.

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Et puis après, on a une semaine à l'Expo Flow.

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On installe tout.

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Donc, ça sera quand même bien avancé.

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Sophie nous raconte l'importance du travail de terrain,

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de l'apprentissage de savoirs techniques et du travail d'équipe.

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Son stage lui a appris les enjeux concrets de la production articole

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et a renforcé son envie de faire de la recherche.

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Nous laissons Sophie à ses réflexions.

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Et vous qui nous écoutez,

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en quoi cette expérience fait alléco à vos propres parcours,

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qu'ils soient professionnels ou personnels ?

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En attendant, rendez-vous dans notre prochain épisode

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où les parcours se façonnent et les esprits s'affûtent.

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Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org