Dans cette deuxième saison d'Ingénieurs en Herbe, Identité en Chantier, nous rencontrons
pour la première fois Félix et Zaédie en cursus Horticulture et Paysage.
Ils et elles sont engagés sur l'organisation de la 24e Expo Flow à Angers qui a lieu en
mars 2026.
L'objectif est de produire un événement où se mêlent différents regards, créatifs,
ludiques et scientifiques autour de l'horticulture et du paysage.
47 étudiants, dont Zaédie et Félix, responsables de la communication et des relations extérieures,
constituent l'équipe projet.
Les étudiants en juin, quant à eux, sont partie prenante de l'organisation pour accueillir
plus de 5000 visiteurs sur trois jours.
Dans ce cadre, nous nous demandons en quoi cette expérience est-elle formatrice ? Qu'apprennent
Félix et Zaédie sur eux-mêmes, mais également sur les autres ? Enfin, comment se construisent-ils
tels dans ce dispositif ?
C'est à ces questions et bien d'autres que nous tenterons de répondre aujourd'hui.
Nous vous laissons vous immerger dans leurs propos.
Moi je suis Félix Brault, je suis pour cette 24e édition de l'Expo Flow responsable des
relations extérieures et aussi élève en L3 horticulture car je commence au semestre
prochain ma formation initiale spécialisée en horticulture et très engagée dans la
ville d'école aussi bien sur les questions d'orientation que d'autres questions sur
les domaines scientifiques.
Moi c'est Zaédie Naud, je suis étudiante en M1 paysage, donc quatrième année, cursus
initial, ça fait quatre ans que je suis à l'école, j'ai été pendant ma formation
engagée dans plusieurs associations et vie étudiante de l'école et depuis un an et
demi, plus d'un an et demi, je fais aussi partie de l'Expo Flow en tant que responsable
du secteur communication.
On s'investit en tant que chef de secteur dans le conseil d'administration pour faire
en sorte que cette exposition qui est biannuelle puisse être un succès le 20, 21 et 22 mars
et du coup la prochaine Expo Flow sera sur le thème de la semence, de l'agriculture,
des différents types d'agriculture dans le monde en fonction des microclimats.
C'est quoi cet Expo Flow ?
C'est un événement vieux de 50 ans qui cherche à valoriser un petit peu les sciences,
la culture, les sciences qu'elles soient économiques, environnementales, sociales
et la culture qu'elles soient artistiques, musicales, à travers des défilés, des chants,
c'est une volonté de promouvoir l'école, de faire ressortir une identité forte et
de faire rayonner un petit peu l'interprofession de l'horticulture et du paysage, faire un
peu du bruit.
Je dirais aussi, surtout, c'est un moyen de s'amuser en tant qu'étudiant, d'être
créatif.
C'est pendant deux ans, parce qu'on fait aussi de l'administratif, etc.
Pour les étudiants du campus d'Angers, c'est s'investir pendant six mois dans un projet
de fou où on vient dessiner des plans, des décors, comme si on était des scénographes,
alors que non, pas du tout.
En quoi Zahedi, c'est amusant, puisque c'est une sacrée charge de travail ?
C'est amusant parce que c'est enrichissant, le fait qu'on travaille tous et toutes ensemble.
En fait, on est tous complémentaires, c'est comme une grosse fourmilière qui fonctionne
ensemble.
Il y en a qui vont faire la cuisine pendant une semaine pour tout le monde, il y en a
qui vont redistribuer les outils, les matériaux, les végétaux.
Il y en a qui vont construire, il y en a qui vont porter, il y en a qui vont conduire des
camions.
En fait, tout le monde va venir s'emboîter, toutes les capacités de chaque personne, pour
ensemble faire des choses et festifs.
Parce que là, on essaye de faire de l'événementiel avec zéro moyen.
On a des subventions de l'école, on a des sponsors qu'on va chercher, d'ailleurs, c'est
mon travail.
On n'a pas beaucoup de budget, clairement, donc l'objectif, c'est quoi ? C'est d'aller
chercher, à droite, à gauche, des matériaux de récupération.
Ça peut être des palettes, on va chercher beaucoup de palettes, on va couper des bambous
dans des bambouseraies.
On va chercher tous ces matériaux et l'objectif, c'est après, qu'est-ce qu'on en fait aussi ?
On crée des structures.
Les gens qui viennent pendant l'expo peuvent récupérer après les structures, les réutiliser.
Et quels sont vos rôles dans cette expo ?
Moi, je suis responsable de relations extérieures, j'ai un panel très transversal d'action,
d'avoir du lien entre les services de l'Expo Flo, je travaille beaucoup avec Zaïdi sur
les questions de communication, et je suis très attaché aussi à la question scientifique,
ce pourquoi mes missions sont de trouver un parrain pour l'exposition de cette 24e édition.
On monte quasiment un congrès scientifique parce qu'on a 35 conférenciers nationaux
européens, renommés dans leur matière, qui vont intervenir au cours de l'exposition.
Et après, il y a tout ce qui est très formateur à l'Expo Flo, c'est aussi du management.
Moi, j'ai une équipe de 43 personnes à gérer, pour faire leur salle, donc pareil,
se poser la question des matériaux biosourcés, revalorisés, et aussi la question des végétaux
qui sont produits par nos collègues, donc voilà, c'est un projet d'envergure scientifique
et aussi beaucoup de management.
Dans le conseil d'administration, on est 47, divisé en 12-13 secteurs, 2 ou 3 personnes
par secteur, et en fait, ça vient s'emboîter comme ça et gérer tout, donc il y a ceux
qui gèrent le transport, ceux qui gèrent les lieux, les zones de déco, le bureau,
évidemment, ceux qui gèrent la nourriture, le snack, et du coup, je bosse sur la partie
communication, donc c'est assez transversal et en fait, ça vient un peu en appui avec
relations extérieures, où lui, ça va être plus des ressources humaines qu'il va venir
chercher, donc conférenciers, parrains, etc., et nous, ça va être qu'on essaye de récupérer
des fonds, et à côté de ça, on fait aussi tout ce qui est communication, réseaux sociaux,
graphismes, quand je parle graphismes, j'entends la fiche, tous les supports de communication.
Qu'est-ce qu'on apprend finalement sur soi, de soi ?
Alors moi, j'ai appris beaucoup de choses sur moi, j'ai appris des choses ultra-fondamentales,
par exemple, je ne suis pas disposé à manager une équipe, ça ne fait pas partie de mes
soft skills, et par contre, je me suis rendu compte que j'étais très fort pour faire
du lien entre les services, donc ça, par exemple, ça peut ressortir comme être disposé
à travailler à de l'interprofession, ou alors à médier, faire de la médiation scientifique,
de la vulgarisation, ça peut ressortir un petit peu comme ça, faire de l'échange,
faire de la relation.
C'est quand même un gros cap, parce que moi, j'étais plutôt orienté gestion d'équipe,
résultats, grandes entreprises, alors que là, on bascule plutôt dans un modèle associatif,
ONG, pour faire de la médiation, arriver à faire du bruit dans notre filière, donc
ça, je pense que c'est un gros changement pendant un an et demi.
Oui, moi, je reviens un peu sur les mêmes choses, alors justement, moi, à l'inverse,
je me suis rendu compte que la gestion d'équipe, c'est un truc qui me correspond bien, essayer
de pousser les gens à donner le meilleur d'eux-mêmes, après, apprendre aussi à laisser
les autres prendre le lead.
Des fois, c'est un peu dur, mais ça s'apprend, et ça, c'est une bonne expérience, justement,
pour apprendre ça.
Par contre, je dirais, j'ai des petites compétences de dessin, de graphisme, etc., mais faire
du graphisme, c'est-à-dire, donc là, nous, on a des nécessités de compétence sur la
mise en page, etc., c'est des choses que je sais faire, mais que je n'apprécie pas faire,
et du coup, c'est des choses que je suis obligée de faire, donc j'apprends, et ça devient
de plus en plus faisable, mais pas un plaisir, alors que, justement, à l'inverse, quand
j'ai choisi la com, je me suis dit, trop bien, je vais pouvoir faire plein de graphismes,
et au final, je n'aime pas du tout ça.
Je préfère vachement, comme Félix, faire le lien entre les gens, aller chercher des
sponsors, aller donner des contacts, aider d'autres projets en faisant de la communication
sur les réseaux sociaux.
Et pour poser peut-être des mots de savoir, de qualité qu'on acquiert avec ExpoFlow,
c'est arriver à synthétiser, c'est arriver à prioriser, c'est arriver à être rigoureux,
c'est arriver à être convaincant, à négocier.
J'allais dire, c'est hyper formateur, et surtout, ça nous apporte des compétences
qu'il n'y a pas forcément dans l'école, quoi.
Enfin, si, on pourrait les retrouver, mais plus des choses que l'on apprend que si on
dit, tiens, débrouille-toi, tu dois le faire tout seul, personne ne va t'expliquer, comment
on fait une facture, comment on fait un devis, comment on va justement chercher un devis,
qui sont où les fonds, comment on fait un budget annuel, que des choses qui ne sont
pas forcément des choses, plus des choses d'entreprenariat, des compétences annexes
qui ne sont pas liées directement aux thématiques du paysage et de l'horticulture, mais qui
sont super formatrices et qui nous donnent du vocabulaire, et ça, c'est hyper intéressant.
Ça nous donne du vocabulaire.
Je sais que maintenant, je dois parler un jargon que pas beaucoup de gens comprennent
dans l'école, quand je parle avec Félix, quoi.
Et par contre, quand on parle avec les professionnels, ce jargon, il nous est très utile pour être
prêts au sérieux.
L'expoflo, c'est aussi tellement autre chose et tellement tant de choses en même temps.
C'est du climat, de l'environnement, de la question humaine.
On s'interroge là beaucoup avec Zaïdi sur, est-ce qu'on permet aux semences paysannes
de se faire une place dans le modèle actuel de la production ? Comment on assure l'alimentation ?
C'est aussi beaucoup de questions qu'on ne se serait pas posées en cours et qu'on
peut aborder avec l'expoflo sur des questions scientifiques en discutant avec le bureau,
avec la com, avec les autres services annexes.
Du coup, on a un peu une responsabilité d'aller se renseigner sur tous les sujets.
Dès qu'on apporte un nouveau regard, dès qu'on apporte un nouveau conférencier,
dès qu'on apporte un nouveau sponsor, un nouveau logo qui va être affilé à notre
expo, il faut quand même réfléchir aux conséquences et à ce qu'on a envie de transmettre
et de montrer.
Qu'est-ce qu'on apprend des autres ? On apprend que déjà, on n'est pas tout seul.
On est à 47, donc 47, et on peut tous et toutes, et c'est ça qui est assez beau,
je trouve, à l'expo, on est obligés de continuer les uns sur les autres.
D'ailleurs, c'est un truc qu'il faut apprendre.
Je pense que Félix, comme moi, on est de base beaucoup dans le contrôle et à vouloir
un peu tout gérer, etc.
Mais au final, ce qu'on s'est rendu compte tous les deux, en fait, si on ne se laisse
pas aussi porter par les autres, on ne peut rien faire parce que ce travail-là, il se
fait à 47 et il serait impossible à être fait tout seul.
Travailler au sein d'un comité d'administration, ça permet de voir les beaux projets qui sont
menés par nos collègues, de pouvoir les valoriser dans nos secteurs.
Et de toute façon, on est 47, s'il y en a un qui fait la boulette, ça ne va pas foirer
l'expo.
Il y en aura toujours un pour rattraper ceux qui ont fait l'autre si ça va dans le mauvais
sens.
On s'entraide, on s'aide, on s'aiguille, on se conseille.
On a notre président aussi, Adrien Abarzua, qui est un très bon médiateur, très très
bon médiateur.
Et c'est pour ça, je pense que ça fonctionne très bien et qui arrive aussi très, très
bien à pousser le meilleur de chaque personne, de chaque étudiant.
Qu'est-ce qui vous plaît le plus jusqu'à présent dans cette organisation ?
Moi, c'est avoir un programme riche de conférences.
J'adore démarcher, faire des réunions avec mes conférenciers pour se mettre d'accord
sur un programme clair pour que ça puisse être transmis aux visiteurs.
La transmission du savoir, pour moi, c'est ultra important et surtout, transmettre mais
aussi créer de la controverse.
C'est ultra important.
Controverse entre oui ou non à la privatisation du vivant.
Controverse oui ou non aux OGM.
Controverse oui ou non à ce que nous entrer dans l'anthropocène, quelle est la place
de l'homme entre la production et le déchet.
Passage de savoir, création de controverses, vulgarisation scientifique.
Moi, sincèrement, c'est le collectif.
J'adore que dès qu'on fait des événements un peu ou des moments où on s'investit physiquement
parce que c'est génial.
On fait plein d'administratifs, on fait plein de réunions, etc.
Mais ce qui est trop bien, c'est comme quand on est allé sur le salon des minéraux d'Angers
porté par l'association Arempa, qui était portée sur les fossiles végétaux.
On est venus en aide et on a fait une exposition sur le temps d'un week-end là-bas.
C'était rel'ambiance de l'expo.
On fait des tours de camions, on porte des palettes, on parle avec plein de partenaires,
on essaye de créer du lien avec les gens.
Et ça, moi, c'est mon truc préféré.
Sincèrement, c'est vraiment cette ambiance de « on est à fond maintenant, tout de suite ».
Après, je pense qu'aussi, on est jeunes.
Je ne pense pas que je ferais ça toute ma vie, mais en tout cas, c'est génial.
Et qu'est-ce qui pourrait vous déplaire le plus ?
Franchement, moi, j'ai des petites choses qui m'énervent au quotidien.
C'est évident, comme tout, on n'est jamais content sur le moment.
Il y a des petites choses tout le temps, des petits « quoi », que bon, ben voilà, j'attends.
Je passe trois heures dans une salle, mes jeudis après-midi,
enfermée, toute seule, avec mon ordinateur, à juste appeler des partenaires
et à entendre les petites musiques d'ascenseur pendant dix minutes
pour qu'on me dise « oui, bonjour ».
Ah bah, envoyer un mail.
Ok, j'ai déjà envoyé le mail.
Ah bon, je prends votre nom.
Ne vous inquiétez pas, on va vous recontacter.
Et tout ça, ça m'a pris 30 minutes.
Donc oui, il y a des choses frustrantes.
Comment est-ce que vous pourriez vous qualifier, là, l'autre, en trois mots-clés ?
Moi, je suis très, franchement, très heureux de travailler avec Zélie
parce qu'elle est communicante,
elle a une intelligence émotionnelle que je n'ai pas,
pour ce que c'est extrêmement important pour former un collectif riche.
Elle est sérieuse, sérieuse au travail, dévoue à la tâche, persévérante.
Et enfin, je suis très heureux qu'on ne soit pas d'accord
pour justement qu'on puisse mettre en avant les paradoxes qu'on trouve chez l'autre
et rééquilibrer un petit peu ça
pour qu'au final, il y ait les deux points de vue qui soient donnés et départ.
Oui, je suis complètement d'accord.
J'allais le dire aussi, le dernier point qui, pour moi, est hyper important,
c'est qu'on a pas mal de désaccords au premier abord,
de désaccords de fond,
et puis au final, on a des désaccords au deuxième abord.
Donc, je pense qu'il y a des points de vue qu'on doit rééquilibrer.
Et puis, au final, là où vient mon deuxième adjectif,
c'est qu'on va retrouver chez Félix le fait qu'il est engagé,
qu'il va porter ses valeurs, porter ses idées.
Et du coup, c'est hyper intéressant de parler avec quelqu'un
qui, quand on vient lui donner une idée contraire,
juste ne se tait pas ou arrête la discussion
parce qu'il y a un blocage en face.
Félix, il va pas arrêter.
Il va essayer de te démontrer par A plus B qu'il a raison.
Et moi, je vais essayer de lui démontrer par A plus B que j'ai raison.
Donc, ça peut prendre un peu de temps.
Mais vu que tous les deux, on est d'accord,
mais vu que tous les deux, on est capables de se rendre compte qu'on a tort,
eh ben, on arrive souvent à un bon terrain d'entente.
Là, c'est cool.
Après, moi, je dirais ça hargne.
Alors, je sais pas si c'est un mot positif ou négatif,
mais moi, je le prendrais du côté positif.
Le côté dynamique, Félix ne s'arrête jamais.
À minuit, je peux recevoir des messages sur un partenaire, un truc.
Hargne, on y va.
Et du coup, c'est hyper dynamique, quoi,
si t'as pas besoin d'aller chercher les autres.
Et quand les autres viennent à toi,
en fait, ça te porte quand les autres te donnent des clés, quoi.
Pour finir, je dirais aidant.
Bah, volontaire, quoi.
Il est toujours là pour aider les autres.
Il entend dans le couloir une conversation sur un projet.
Il se rend compte qu'il a une clé de résolution.
Il prend 20 minutes pour t'aider, te donner des solutions,
pour te faciliter la tâche, pour envoyer un mail à ta place.
Et c'est pour ça que c'est vraiment un bon coéquipier d'affaires.
En quoi ces qualités sont-elles utiles, importantes dans une projection professionnelle ?
Clairement, l'intelligence émotionnelle,
c'est hyper important, en fait, pour pouvoir communiquer.
Pour moi, la communication, c'est un pilier dans tout,
et notamment dans le monde professionnel.
Faut arrêter de se braquer, de pas être à l'écoute,
de pas essayer de se mettre à la place des autres.
Ça sert à rien, ça avance pas, ça marche pas.
C'est ce que j'ai compris par expérience,
parce que j'étais du genre à me braquer.
Et en fait, écouter l'avis de l'autre, prendre le temps,
et bah en fait, au final, très souvent, on a les mêmes envies.
Juste pas formulées de la même manière, pas avec les mêmes points d'entrée.
Et en fait, en écoutant l'autre,
mettant l'autre professionnel au cœur de ta réflexion,
et bah en l'incluant dedans,
et bah la personne va s'ouvrir et va vouloir faire part du projet, en fait.
Et si on n'inclut pas les gens, si on n'explique pas,
si on ne prend pas le temps, si on ne communique pas,
les gens ne se sentent pas concernés, les gens n'ont pas envie de participer.
Et puis, il y a des désaccords de fond, alors que quand on s'écoute et qu'on communique,
souvent, ça passe tout seul.
L'alarme, comme le disait Zaïti, je pense que c'est hyper important.
Pour arriver à rien lâcher quand on est dans une relation professionnelle,
quand on est plein d'engagements,
on doit arriver à ne rien lâcher, à faire entendre à l'autre,
ou à le faire déjà écouter, le point de vue qu'on a sur la situation.
On doit être plein de ressources pour proposer aussi des solutions
afin de tomber d'accord pour, je ne sais pas, pour signer un contrat.
Il faut que les deux parties soient d'accord et exposent leur point de vue.
Et après, on peut faire cet accord bilatéral.
Comment l'expérience VQ peut-elle s'articuler avec votre formation ?
En fait, c'est comme une expérience professionnelle.
On vient créer des compétences,
on vient approfondir des compétences qui sont déjà proposées à l'école.
Ça, je peux faire le parallèle avec toutes les associations de l'école
et tous les investissements de l'école,
les investissements associatifs ou de vie étudiante.
Tout à l'heure, je parlais de ça, c'est être élue à l'école.
Moi, j'ai fait un an la CEVE, le Conseil d'école et de la vie étudiante.
Et en fait, tous ces engagements-là qui, pour moi, participent à notre diplôme,
parce que clairement, en sortant de l'école,
notre plus grande force, c'est l'adaptabilité et le touche-à-tout.
Et même les profs nous disent,
vous ne serez pas en premier lieu, en sortant d'école,
des grands spécialistes de votre domaine.
Mais par contre, vous saurez facilement découvrir un sujet qu'on vous donne,
vous saurez facilement le décrypter et l'approfondir
et essayer de devenir spécialiste, justement, du domaine par vous-même après.
Et ça, c'est tous les assos, toutes les choses qui sortent de nos habitudes
et qu'on vient consolider comme ça par l'action.
Comment vous projetez-vous professionnellement, Félix ?
Moi, je me projette comme quelqu'un qui est passionné du monde,
et ça, je me rends de plus en plus compte, qui veut valoriser la science.
Et donc, je veux pouvoir aussi allier,
parce que je suis très engagé sur des questions très politiques,
donc arriver à être quand même expert du vivant, passionné du monde à l'Institut Agro.
Et aussi, pourquoi pas, engagé politiquement pour valoriser les causes qui me sont chères,
dans le milieu politique des partis ou alors en associatif, dans des fondations.
Moi, je pense que l'Institut Agro, ça forme des experts au vivant,
mais c'est aussi d'être important, d'être ouvert sur le monde.
Et donc, moi, ce qui m'intéresse beaucoup, c'est les formations à sciences porènes,
notamment durant l'année de césure, après l'AM1,
parce qu'on doit vivre dans un monde informé, dicté par les sciences.
Et l'idéal, après, c'est travailler à valoir l'interprofession du végétal,
pour initier nos politiques au changement de la société.
Et vous, Zahedi, comment vous projetez-vous ?
L'Expo, ça m'a apporté, comme on disait tout à l'heure, plein de compétences,
et qui seront évidemment utilisées en parallèle des compétences que j'acquière dans la formation,
que j'aimerais bien mettre au service,
un travail aussi en lien avec le collectif, comme vous pouvez vous en douter.
C'est drôle que tu dises ça, Félix, parce que du coup, moi, mon projet de l'année prochaine,
parce que je suis en M1, je fais une césure dans six mois,
je compte aller à Sciences Po Rennes faire, en alternance,
la formation qui est en partenariat avec l'école
sur concertation des territoires en transition.
Et en fait, cette alternance, qui est hyper complémentaire avec ce que j'ai pu voir à l'école,
me permettrait de faire un an de pause dans le cursus de l'école
pour pouvoir avoir un peu de bagage professionnel,
et du coup, en lien avec les transitions.
Et c'est vrai que, pour le coup, l'idée, ce serait d'être plutôt axé grand territoire.
Tout à l'heure, Félix parlait des sciences sociales,
mais pour moi, c'est évident que le paysage, ça rime avec sciences sociales
et que c'est hyper important, justement, d'écouter les gens,
de comprendre leurs besoins et d'essayer de leur proposer des solutions.
Et en fait, ça vient un peu en lien avec ce qu'on fait à l'Expo.
En fait, on fait ça, mais pour 350 étudiants, pour un événement.
Et là, moi, mon objectif, ce serait de le faire pour la vie de tous les jours des gens,
pour essayer de rendre la vie plus facile, en adéquation avec le monde de demain,
pour parler un peu philosophiquement, comme Félix.
Est-ce que vous pourriez résumer l'expérience en une phrase ?
Eh bien, pour moi, l'Expo Flow, c'est aimer ce que je fais,
c'est rêver de l'avenir et c'est comprendre qu'on a des limites.
Et moi, je peux juste dire de la créativité pour transmettre notre passion du végétal,
étant donné que c'est le slogan officiel de l'Expo Flow.
Félix et Zaïdi nous montrent qu'une pédagogie par projet
favorise l'apprentissage expérientiel.
Un apprentissage en situation réelle, tel que l'organisation de l'Expo Flow.
Relevant des défis, faisant face à des contraintes et constatant des réussites,
Félix et Zaïdi reconnaissent avoir développé des compétences transversales,
comme la communication et la collaboration.
Nous constatons leur engagement indéfectible,
les préparant sans aucun doute à une projection dans le monde professionnel.
Mais en quoi cette expérience va-t-elle façonner leur parcours à l'Institut Agro Rennes-Angers ?
Et vous qui nous écoutez, en quoi ces propos font-ils écho
avec vos propres parcours, qu'ils soient professionnels ou personnels ?
En attendant, rendez-vous dans un prochain épisode avec Félix et Zaïdi,
où les parcours se façonnent et les esprits s'affûtent.